Journée Mondiale des Océans : n’oublions pas la Méditerranée !

Ce 8 juin est marqué du sceau des Océans. Récemment, plusieurs décisions importantes ont été annoncées, à l’instar de la création d’immenses aires marines protégées. Pour autant, la situation reste contrastée. Toutes les mers n’ont pas eu la chance de bénéficier des attentions des gouvernants du monde.

Par exemple : pourquoi la Méditerranée, bien que surpêchée à hauteur de 96%, n’a-t-elle fait l’objet d’aucune annonce fracassante ? Elle est la mauvaise conscience des Etats membres de l’Union Européenne qui n’a su ni agir pour mettre un terme à la surpêche dont elle souffre depuis des décennies, ni mettre en œuvre les grands objectifs de la politique commune des pêches (PCP).

Pourtant même avec un diagnostic aussi alarmant, il est encore temps de sauver les stocks de poissons et les communautés côtières de Méditerranée. L’adoption rapide de mesures énergiques permettrait aux stocks d’atteindre des niveaux plus durables à l’horizon 2020. Tout ce qu’il faut, c’est la volonté politique des Etats membres de passer à l’action dès maintenant, avant qu’il soit trop tard.

Même si une grande partie des citoyens européens n’a pas connaissance de la situation pitoyable dans laquelle se trouvent les stocks de Méditerranée, l’heure n’est plus à l’évocation et encore moins au déni ! Ce n’est pas parce qu’il y a apparemment toujours autant de poissons sur les étals et dans les restaurants ni parce qu’un rapport scientifique a été étouffé par l’industrie ou une instance politique qu’il ne faut pas poser les questions qui s’imposent ni interpeller ceux qui sont responsables de cette situation. Ils ne peuvent plus regarder ailleurs ; ils savent et pourtant ils ne font rien ou presque.

Les dirigeants méditerranéens ont récemment signé la Déclaration de Medfish4ever à Malte. C’est louable. Cependant, cette Déclaration semble être une proposition de plan prévisionnel plutôt que des mesures concrètes et urgentes à appliquer immédiatement pour conserver, protéger et gérer les pêcheries méditerranéennes. Elle devrait notamment inclure la décision de mettre en œuvre sans plus tarder l’Objectif de Développement Durable n°14 et les dispositions qui s’y appliquent, comme l’élimination des subventions à la pêche qui contribuent à la surcapacité de pêche et à la surexploitation. Il reste un long chemin à parcourir pour restaurer les populations de poissons.

En octobre, Malte sera de nouveau sous les feux de l’actualité ; Le commissaire européen des pêches, Karmenu Vella y organisera la Our Ocean conference. En invitant les dirigeants européens chez lui, à Malte, M. Vella entend les mobiliser sur la gouvernance des océans et la pollution par les matières plastiques. Il doit aussi leur dire la vérité : La Méditerranée est dans un triste état et a besoin de leur aide concrète, pas de leur compassion.

Rebecca Hubbard dirige la campagne Our Fish qui a pour objectif de garantir la mise en oeuvre des objectifs de durabilité de la politique commune des pêches (PCP) par les Etats membres.

 

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